1 Fév 2021

Les diocèses des pays de mission s’attendent à une baisse de leurs ressources

« Complètement dépendantes de la générosité des donateurs », les Œuvres pontificales missionnaires (OPM) s’attendent à des mois difficiles. C’est du moins ce qu’indique le cardinal Luis Antonio Tagle, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le dicastère romain sous l’autorité duquel les OPM sont placées, dans un courrier adressé aux évêques des diocèses situés en territoires de mission et dont La Croix a obtenu copie.

Habituellement, les 1 100 diocèses concernés – essentiellement en Afrique, Asie et Amérique du Sud – bénéficient pour leur fonctionnement quotidien d’une somme allouée annuellement par les OPM, appelée « subside ordinaire ». Mais pour verser ces sommes dont le niveau est décidé chaque année, rappelle le cardinal Tagle dans sa lettre, les OPM « ne disposent pas d’autres ressources » que ce qui est collecté pendant l’année précédente, environ 25 millions d’euros habituellement.

Une « diminution drastique des fonds »

« À cause de la pandémie », prévient-il, les sommes recueillies en 2020 pour l’année 2021 « seront significativement inférieures » aux années précédentes. C’est ainsi que dans son courrier daté du mois de décembre, le préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples demande aux évêques concernés s’il leur serait « possible de réduire voire de renoncer au subside ordinaire ». Quant aux « subsides extraordinaires », destinés au financement de projets particuliers, ils seront très certainement affectés par une « diminution drastique des fonds ».

« Avec les restrictions touchant partout dans le monde les célébrations religieuses, les dons se sont amenuisés », insiste le directeur national des OPM d’un pays africain, joint par La Croix Africa. « Il faut faire en fonction du peu dont nous disposons, voir ceux qui sont le plus dans le besoin et leur offrir un minimum », explique ce prêtre qui préfère rester anonyme. Il espère ainsi que « certains diocèses qui auraient plus de moyens renoncent à leurs subsides ordinaires au profit des autres ».

Progresser vers l’autonomie financière

Ce directeur national des OPM est bien conscient que la situation risque de porter atteinte à la pastorale dans les pays concernés. « On ne peut pas faire de mission sans argent pour construire des églises, des salles de catéchèses, des presbytères… », redoute-t-il. Mais, ajoute-t-il, « le dynamisme de chaque chrétien ne doit pas être limité pas les ressources financières, chacun des baptisés doit témoigner de sa foi ».

Et si la raison de la baisse des subsides pour l’année 2021 est largement conjoncturelle, cette diminution doit selon ce prêtre pousser les diocèses qui le peuvent à atteindre une « certaine maturité ». « Nous devons être capables d’annoncer l’Évangile par nous-mêmes, exhorte-t-il, ce qui passe notamment par la création de ressources financières qui nous permettent de nous prendre en charge nous-mêmes. »

Xavier Lenormand, La Croix, 26.01.21

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