31 Juil 2021

Dieu n'est pas une roue de secours !

Nous qui avons contemplé dimanche dernier Jésus nourrissant la foule avec quelques pains et quelques poissons, sommes-nous venus chercher la satisfaction de nos besoins matériels ? Voulons-nous réduire Dieu à être « la roue de secours » de nos vies, à être celui que nous appelons en cas de besoin et oublions le reste du temps ou acceptons-nous de répondre par l’amour au don qu’il nous fait de lui-même, l’amour de Dieu et l’amour du frère, inséparablement liés ?

Qui cherchons-nous ?

Il n’y a rien de mal à demander à Dieu de nous combler de ses bienfaits car le faire c’est déjà reconnaître qu’il en est la source et l’origine. Il n’y a rien de mal non plus a demander à Dieu de nous assister dans les épreuves de nos vies, bien au contraire. Dieu nous aime avec un cœur de Père et il veut notre bien. Comme pour les Hébreux au désert, c’est bien Dieu, finalement, qui, chaque jour, nous donne notre pain quotidien comme nous le demandons dans la prière du Notre Père, et  avec le pain quotidien tout ce qui peut nous aider à satisfaire nos besoins.

Cependant, recevoir de Dieu sa nourriture, c’est aussi accepter l’épreuve qu’Il nous propose : « le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne, et ainsi je vais le mettre à l’épreuve », dit Dieu à Moïse. Quelle est donc cette épreuve ? Cette épreuve, c’est de savoir si nous préférons les dons de Dieu à Dieu lui-même. Comme les parents ont besoin de savoir que leurs enfants les aiment pour eux-mêmes, Dieu ne peut pas être réduit aux dons que nous attendons de lui.  Jésus en écho dira aux disciples « vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains ». Quels sont nos engagements dans l’Eglise, dans la cité, recherchons-nous le bien commun ou la satisfaction de nos petits plaisirs personnels ?

Revêtez-vous de l’homme nouveau

A plusieurs reprises le pape François nous a invités à nous pencher sur ce que sont nos idoles. « L’idole, nous dit le pape, est en réalité une projection de soi dans les objets ou dans les projets. C’est cette dynamique dont se sert, par exemple, la publicité : je ne vois pas l’objet en soi, mais je perçois cette automobile, ce smartphone, ce rôle, ou autre chose, comme un moyen pour me réaliser et répondre à mes besoins essentiels. Et je le cherche, je parle de lui, je pense à lui. L’idée de posséder cet objet ou de réaliser ce projet, d’atteindre cette position, semble une voie merveilleuse vers le bonheur, une tour pour atteindre le ciel. Les idoles promettent la vie, mais en réalité, elles l’enlèvent » (audience du 1er août 2018). »

C’est à la question de nos idoles que nous sommes renvoyés. Nous pouvons avoir des idoles qui sont le moteur de nos vies et que nous cherchons à satisfaire avant de voir dans notre prochain un frère à accueillir et à aimer, avant de penser à œuvrer pour la venue du Royaume. Nous nous laissons guider par « le néant de nos pensées », nous dit Paul. Pour être renouvelés et revêtir l’homme nouveau, il nous faut rencontrer Jésus dans l’Eucharistie, communier au corps du Christ (et cela est aussi scandaleux pour nous contemporains que ça l’était du temps de Jésus), nous nourrir aussi de sa Parole et de son pardon pour peu à peu nous laisser transformer  et devenir capable d’apporter note pierre à la construction de ce monde nouveau dont le Seigneur est la pierre d’angle….

Monseigneur Colomb, évêque de La Rochelle -Saintes et directeur national des OPM

Homélie du dimanche 1er août – 18e dimanche TO – Ex 16, 2-4.12-15 –   Ep 4, 17.20-24  –    Jn 6, 24-35

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