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12 décembre 2020

Avent : réjouissons-nous !

Chers amis, en ce temps de l’Avent, soyez dans la joie du Seigneur car il arrive !

Réjouissons-nous car la joie est le fruit de l’esprit

Aujourd’hui, c’est le dimanche de la joie, jour au cours duquel l’Eglise anticipe l’accomplissement de la promesse qui va se manifester à Noël.

Isaïe est envoyé par le Seigneur pour annoncer la délivrance à des gens humbles, prisonniers, malheureux.

C’est le Seigneur qui apporte la libération, la justice et le réconfort. Lui seul peut nous vêtir des « vêtements du salut » et nous couvrir « du manteau de justice ». Il est celui qui vient apporter la délivrance. C’est la bonne nouvelle qui fait tressaillir de joie. Priez pour votre délivrance de toutes les servitudes et addictions. Que la fertilité de votre imagination fasse de vous des porteurs de joie, de justice et de paix !

Frères, soyez dans la joie !

C’est encore la joie qui est au cœur de la vie de Paul malgré ses tribulations. Comme les Thessaloniciens, nous, chrétiens d’aujourd’hui, devons tourner notre regard vers l’horizon. Notre boussole, c’est l’avènement du Royaume de Dieu. Tout ce qui est signe de ce Royaume dans notre monde, et les signes existent, doit aimanter notre regard.

Le chrétien n’est pas un optimiste béat et un peu niais. Il voit le mal, il connaît la souffrance, mais fortifié par la méditation de l’Ecriture et par la prière, il croit que le Royaume vient. L’Esprit lui enseigne que notre Dieu est fidèle et qu’il n’abandonne pas les hommes. Le Royaume vient. C’est à nous de le rendre par avance visible dans nos familles, nos villes et nos villages, dans nos paroisses…

« Le Royaume de Dieu grandit si nous sommes dociles à l’Esprit Saint » déclarait le pape François lors d’une messe. « Qu’est-ce que le Royaume ? » demandait-il. « Ce n’est pas comme on pourrait l’imaginer une structure bien faite, bien en ordre, un organigramme parfaitement organisé… Ce Royaume n’est jamais fini, il se fait tous les jours ». Chers amis des OEuvres Pontificales Missionnaires, vous êtes les artisans du Royaume !
 

Les illuminations de Noël, les repas partagés, les voisins visités, les pauvres secourus…tout cela doit se prolonger toute l’année. Noël, ce n’est pas seulement un moment dans nos vies, c’est le premier signe du Royaume qui vient. Regardez autour de vous, chers frères et sœurs, vous découvrirez de nombreux motifs de joie…

La joie est le baromètre de notre foi, de notre vie dans l’esprit !

L’Esprit fait de nous des hommes libres à la suite de Jean-Baptiste si nous annonçons le Christ. Comme nous, le prophète Jean-Baptiste vivait dans un monde troublé politiquement et religieusement. Des courants s’affrontaient violemment. Des visions de Dieu et de l’avenir s’opposaient.

« L’Église a quelque chose de saint Jean le baptiste », disait le pape François à l’occasion d’une méditation. Pour lui, Jean est « voix, non parole ». Il est « lumière, mais pas la sienne ». Il est tout entier donné à sa mission, celle du dernier des prophètes, l’homme fidèle guidé par l’Esprit qui dira en parlant de Jésus « Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël » (Jn 1, 31).

De qui êtes-vous la voix, la lumière ?

 

Quel visage de Dieu reconnaissons-nous dans l’enfant de la crèche ? A quelles conversions sommes-nous invités en ce temps de l’Avent ? Nous projetons sur Dieu tant de choses ! La tentation est grande de le façonner à notre image au lieu de nous laisser façonner, dans la foi et la confiance, quitte à vivre de vrais déchirements car abandonner ses idoles n’est jamais facile…

Notre monde est marqué par l’individualisme et le narcissisme. C’est le monde des « selfies » et de la mise en scène de soi-même. Le modèle de vie proposé par Jean le Baptiste est tout à l’opposé. Il est acceptation de notre petitesse, acceptation de la nécessité de la conversion du regard, acceptation du sacrifice de nos vies au service de la mission et au service des frères.

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11,3)

 

Jésus ne répondra pas « mais oui bien sûr c’est moi! » Ce serait tellement plus simple pour nous mais ce serait finalement très abstrait. Il dira simplement : « Les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle » (Mt 11, 5). Voilà ce qu’il faut répondre à ceux qui nous interrogent sur le Seigneur Jésus…

Ne faisons pas de la foi une théorie abstraite où les doutes se multiplient. Faisons plutôt de la foi notre vie. Cherchons à la pratiquer au service de nos frères, en particulier des plus indigents. Alors, tant de doutes s’évanouiront car nous sentirons la présence de Dieu et la vérité de l’Évangile dans l’amour qui, sans notre mérite, demeure en nous et que nous partageons avec les autres, voilà encore une invitation du Pape François. C’est un chemin souvent rude qui est proposé aux chrétiens, mais c’est un chemin de joie. Dieu aime les hommes et il vient demeurer au milieu d’eux. Préparons-nous à l’accueillir !

 

Georges Colomb, Directeur National

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