21 Mai 2026

[Les Rencontres de Lorette] 3 ans à Manille auprès des enfants des rues

Mardi soir 19 mai, ils étaient plusieurs dizaines à la Maison de Lorette, captivés par le témoignage de Gaétan et Gaëtane Javel, jeune couple à peine trentenaire marqué à jamais par son expérience missionnaire aux Philippines auprès des enfants des rues.

Noël 2021. Tout jeunes mariés, Gaétan et Gaëtane s’envolent pour Manille, envoyés par Fidesco auprès de l’association ANAK-Tnk, qui cherche depuis 25 ans à nourrir d’amour les enfants des rues. Missionnés pour deux ans, ils y resteront trois, au cœur de la misère, à l’écoute et à l’école des “préférés du Bon Dieu” comme aime à les appeler le directeur d’ANAK-Tnk, l’abbé Matthieu Dauchez.

ANAK-Tnk est une machine bien huilée, incroyablement humaine, pétrie de prière et ouverte à la grâce de la Providence divine. L’association, qui mobilise plus de 230 personnes auprès de 450 enfants, agit sur deux tableaux essentiels. Le premier concerne les enfants des rues. Ils sont des milliers, qui ont préféré se “réfugier” dans la rue que rester dans des familles qui les abîmaient trop – que dire de la rue, cette jungle violente où ces petits survivent de mendicité, de travail misérable et de prostitution ? Lors des “Big Nights”, les équipes chevronnées de la fondation sillonnent la ville, à leur rencontre. Patiemment, des liens se tissent et les éducateurs arrivent au fil du temps à regagner un début de confiance en l’adulte chez ces enfants violentés. C’est un travail de patience et de longue haleine, ponctué de terribles déceptions, avant que l’enfant accepte – avec l’accord des services sociaux philippins – de les suivre vers un centre temporaire où ils vont d’abord réapprendre à vivre, protégés, nourris, en sécurité. Ils gagneront par la suite un des nombreux foyers d’accueil d’ANAK-Tnk. Dans chacun de ces havres à taille humaine, des “house parents” (éducateurs philippins) s’emploient à recréer un climat familial simple et normal. Les enfants de divers âges y cohabitent en nombre limité, les fratries restent ensemble dans la mesure du possible, le rythme est celui d’une famille : repas, école, services, jeux. La vie. L’enjeu est bien plus humain que scolaire : il s’agit de “remettre leur cœur en route”, de leur rendre leur dignité pour qu’ils soient capables d’aimer et d’être aimés. “Saved by Love”, tel est en effet le slogan d’ANAK-Tnk.

Rouage nécessaire de l’association, Gaétan était chargé de l’intendance, relevant chaque jour, avec d’autres volontaires et salariés philippins, le défi que personne ne vienne à manquer de nourriture, d’habits, de matériel, bref de tous les éléments nécessaires à la vie des enfants et au fonctionnement de la fondation.

Le deuxième volet de l’action d’ANAK-Tnk se joue dans les bidonvilles, auprès des familles. En effet, malgré la grande misère, le travail de forçat sur les tas d’ordures pour quelques piécettes, malgré l’incertitude du prochain repas et les abris insalubres des bidonvilles, c’est encore dans sa famille que l’enfant est le mieux, entouré de l’amour d’un père et d’une mère. Avec l’aide de nombreuses mamans des bidonvilles mobilisées et conscientes de l’enjeu, l’association remplit une triple mission : alimentaire, sanitaire, éducative. A ce triptyque s’ajoute la formation des parents. Gaëtane est infirmière : elle a travaillé dur pour apprendre l’anglais et le tagalog, se démenant, avec son équipe, pour la santé des enfants, notamment en luttant contre le fléau de la tuberculose. Un travail long et patient, parfois entravé par la négligence des parents, trop occupés à subvenir aux besoins immédiats de la famille. Elle a vécu de grandes peines, et des joies indicibles. Son émotion reste palpable au souvenir de certains moments particulièrement difficiles.

Le point d’orgue, chaque année, est le Summer camp, parenthèse enchantée de 10 jours au cours desquels les enfants vivent dans la joie de vraies et précieuses vacances. Jouer, courir, nager, se déguiser, prier, danser, admirer un feu d’artifice, vivre en enfants de Dieu, sauvés par l’amour.

Au-delà de leur travail pour ANAK-Tnk, Gaétan et Gaëtane ont compris deux choses essentielles. D’une part, la mission n’est pas possible sans un enracinement profond et quotidien dans la prière. Les nombreux temps spirituels leur ont permis de voir à quel point ces enfants sont proches de Jésus, silencieux devant le Saint-Sacrement, enracinés dans une foi édifiante. D’autre part, nos amis ont découvert avec bonheur le témoignage fort que leur couple représentait pour les enfants, qui sont tous devenus un peu les leurs. Aussi, quand leur fille Jacinthe est née en 2024, elle a été immédiatement entourée d’une multitude de grands frères et sœurs émerveillés et attentifs. ANAK-Tnk reste aujourd’hui leur famille de cœur.

Merci Gaétan et Gaëtane

FDS

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