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12 février 2020

Témoignage d'un missionnaire au Bangladesh : "Porte l’Évangile du Christ au sein de la société"

« L’Eglise au Bangladesh est appelée à donner davantage d’importance et de responsabilité aux laïcs catholiques, en cherchant à faire comprendre que l’apostolat n’est pas seulement le service ecclésial dans le cadre des paroisses ou des mouvements mais aussi et surtout celui au sein de la société, dans les structures liées à la politique, au monde du travail, au sein de la famille et dans le cadre du dialogue avec les jeunes dans toutes ces autres réalités où porter l’Evangile du Christ ».

C’est ce qu’affirme le Père Fabrizio Calegari, missionnaire de l’Institut pontifical pour les Missions étrangères, dans un entretien accordé à l’Agence Fides, résumant les défis que la communauté catholique bengalaise doit relever. « Dans un esprit de service – souligne-t-il – il faut tenter de renforcer principalement la vie spirituelle des fidèles ».

Dans le pays d’Asie coexistent plus de cinquante groupes ethniques différents dont plus de la moitié continue à pratiquer les traditions aborigènes alors qu’une partie de ces communautés indigènes a accueilli le message de l’Évangile.

« Parmi ces groupes – indique le prêtre – a lieu la majeure partie de l’activité d’évangélisation de nos missionnaires. Chaque année, nous accueillons de nouveaux baptisés ». Le Père Calegari a œuvré pendant 20 ans dans deux centres d’accueil de son Institut au sein du Diocèse de Dinajpur, centres qui hébergent des jeunes issus des minorités tribales, provenant de familles pauvres, leur offrant formation humaine et professionnelle.

« Au Bangladesh – remarque-t-il – des milliers de jeunes des deux sexes, d’étudiants, de travailleurs et de chômeurs sont véritablement abandonnés à eux-mêmes et personne ne s’occupe d’eux ».

Les missionnaires de l’Institut pontifical pour les Missions étrangères sont particulièrement liés à cette partie du subcontinent indien – anciennement Pakistan oriental. Les trois premiers missionnaires destinés au Bengale, les Pères Albino Parietti, Luigi Limana et Antonio Marietti, accompagnés du catéchiste Giovanni Sesana, débarquèrent à Calcutta au début de juin 1855 et le 17 juin, ils arrivaient à Berhampur, envoyés par le Vicaire apostolique de la capitale bengalaise, duquel ils dépendaient.

« En 1910 – poursuit le Père Calegari – débute également la mission parmi la population indigène des santals. D’autres missionnaires se dédient en ces années-là à l’assistance aux lépreux ».

Actuellement, les communautés de l’Institut pontifical pour les Missions étrangères se trouvent dans les Diocèses de Dhaka, Dinajpur et Rajshahi. Le dialogue entre chrétiens et musulmans, l’apostolat et la promotion humaine des indigènes santal sont, encore actuellement, les priorités de cette communauté missionnaire du Bangladesh. Parmi les canaux privilégiés de l’Évangélisation, le Père Calegari met en évidence le rôle fondamental de l’instruction et l’action dans les écoles des jeux. « Notre apostolat – indique-t-il – passe par l’instruction. De cette manière, nous atteignons la majeure partie de nos fidèles. Nous avons de nombreuses écoles primaires, établissements d’enseignements secondaire et supérieur, fréquentées par des élèves à 80% non catholiques. Au travers des œuvres éducatives, musulmans, bouddhistes et hindous apprennent eux aussi à connaitre et à apprécier le Christ ».

Rappelant que tous les baptisés sont « des disciples missionnaires », l’attention, indique le missionnaire, se concentre aujourd’hui sur la formation des laïcs, appelés à rendre témoignage de l’Évangile au sein des structures de la société.

Le Bangladesh constitue la quatrième nation musulmane au monde en termes de population. Quelques 90% de ses 160 millions d’habitants sont musulmans alors que 8% sont hindous. Les chrétiens sont environ 600.000 dont 400.000 catholiques.

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