Méditation du Père Richard Ngweli, chapelain de la Maison de Lorette
Textes du dimanche 28 mars 2026 – Année A
La liturgie de ce dimanche présente deux aspects qui, à première vue, semblent contradictoires. Nous parlons de triomphe et de gloire, et immédiatement après nous parlons de passion. Malgré des événements aussi contrastés, la liturgie n’a d’autre intention que de nous présenter la figure de Jésus, dans son aspect de « Roi messianique » et, en même temps, de « Serviteur attentionné ». En effet, l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem conduit à sa Passion. De plus, sa Passion n’est pas pleinement comprise par ceux qui reconnaissent le caractère messianique de Jésus-Christ.
Nous savons plus que le mystère pascal, pour lequel nous connaissons la purification de l’esprit et la réconciliation avec Dieu, comprend deux moments : l’un de souffrance, l’autre de gloire. Le mystère pascal de Jésus nous prouve que la vie ne finit pas avec la mort, mais c’est un passage vers la vie éternelle. Le chemin par lequel le Serviteur du Seigneur se dirige vers Jérusalem est, en effet, déjà éclairé par la lumière de la Résurrection. Mais nous apprenons aussi que Jésus va mourir volontairement, en toute liberté, dans un abandon total pour l’amour des hommes.
L’Evangile du début (Mt 21, 1-11) nous parle de Jésus qui se rend à Jérusalem pour se soumettre à la mort. Il entre donc dans la ville sainte en Messie et en Roi, comme les prophètes l’avaient annoncé. Il y entre d’une manière digne du « Fils de David ». C’est pourtant le triomphe modeste et humble d’un Roi venu non pour dominer, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour l’humanité. Un triomphe qui préfigure le martyre.
Dans la 1ère lecture (Is 50, 4-7), Jésus-Christ comme Serviteur de Dieu, s’offre en victime pour les hommes, ses frères. Il s’abandonna avec confiance à la Volonté du Père. Certain qu’Il ne l’abandonnera jamais, il n’hésite pas à accomplir sa mission, qui le conduit à la mort. Dans son humiliation, il finira par connaître son exaltation.
Pour préserver l’humanité de la désobéissance d’Adam, Jésus, après s’être vu accorder ses prérogatives divines par l’Incarnation, s’est toujours soumis dans son obéissance finale au Père à toutes les contingences de sa condition humaine. Son humiliation va jusqu’à la Croix. Mais c’est dans l’anéantissement de la mort que commence son élévation à la gloire (cf.2e lecture : Ph 2, 6-11).
Evangile de la Passion : Mt
Par ailleurs, l’Évangile de la Passion selon Matthieu (26, 14—22, 66) ne s’adresse pas aux incrédules en quête de foi, comme celui de Marc, mais aux chrétiens d’origine juive, fins connaisseurs de l’Ancien Testament. Ainsi, en rappelant les psaumes et les prophéties, l’évangéliste montre comment la Passion de Jésus accomplit tout ce qui avait été annoncé durant la longue préparation à la venue du Messie. Mais la Passion marque aussi la fin de l’Ancienne Alliance. L’ancien peuple élu, obstiné à ne pas reconnaître la divinité de Jésus, est remplacé par le nouveau peuple de Dieu. Grâce au sacrifice de Jésus, tous les hommes peuvent désormais s’approcher de Dieu.les plus difficiles, car Lui seul a les paroles de la vie éternelle, Lui seul est la résurrection et la vie pour ceux qui croient en Lui.