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10 octobre 2021

La vraie sagesse n'est pas en notre pouvoir

Nos frères d'Outre-Mer qui ont su reconnaître dans le Christ la source de toute sagesse et de toute rédemption. (Homélie de Mgr Colomb, 28e dimanche TO)

Je voudrais d’abord remercier la communauté de Wallis et Futuna qui nous fait la joie d’animer cette célébration. Il y a 60 ans Wallis et Futuna devenait un territoire français d’Outre-Mer. Le festival Rochefort Pacifique Cinéma et Littérature qui qui se termine aujourd’hui est l’occasion pour nous d’évoquer la richesse de la foi de nos frères d’Outre-Mer qui ont su reconnaître dans le Christ la source de toute sagesse et de toute rédemption.

Chercher la sagesse

Toutes les civilisations, même les plus reculées, ont cherché la sagesse. Elles espéraient trouver ainsi la paix de l’esprit et du cœur et l’apaisement des relations sociales. Les Grecs disaient d’eux-mêmes qu’ils étaient les amis de la sagesse et les hommes d’aujourd’hui n’échappent pas à cette quête. Or la sagesse dont nous parlent les textes de ce jour a peu de choses à voir avec la sagesse des anciens philosophes.

Les hommes de la Bible sont habités par autre chose : la recherche éperdue de l’amitié d’un  Dieu créateur qui les a aimés le premier et qui veut se révéler à eux. Tout au long de la révélation ils vont prendre conscience de cette vérité : la vraie sagesse n’est pas en notre pouvoir. Elle est don de Dieu à demander, à accueillir, à célébrer, à annoncer à nos frères. La sagesse de la Bible n’est pas réservée à une élite intellectuelle mais elle est offerte à tous les hommes et aujourd’hui il est particulièrement urgent de demander le discernement pour nous-mêmes, nos familles, pour l’Église. Sans cette sagesse, sans ce discernement qui vient de Dieu, qui est l’œuvre de l’esprit saint en nous et dans l’Église, nous ne pouvons pas construire nos vies et notre Église sur des bases solides. Nous avançons comme des aveugles et nous nous égarons.

 

Rien n’est impossible à Dieu

Dieu veut nous donner la sagesse, Dieu attend que nous lui en fassions la demande pressante…mais encore faut-il que nous nous préparions à l’accueillir ! Dans l’exhortation apostolique Gaudium et Spes sur la sainteté dans le monde d’aujourd’hui on peut lire ce rappel :

« Il pourrait arriver que dans la prière même, nous évitions de nous laisser interpeller par la liberté de l’Esprit qui agit comme il veut. Il faut rappeler que le discernement priant doit trouver son origine dans la disponibilité à écouter le Seigneur, les autres, la réalité même qui nous interpelle toujours de manière nouvelle. Seul celui qui est disposé à écouter possède la liberté pour renoncer à son propre point de vue partiel ou insuffisant, à ses habitudes, à ses schémas….Dieu pourrait être en train de nous offrir quelque chose de plus, et à cause de notre distraction dans la commodité, nous ne nous en rendons pas compte »  (GS n°172).

Oui, en vérité, Dieu nous offre son salut car rien n’est impossible à Dieu, mais sommes-nous disposés à l’accueillir, à laisser notre vie en être transformée, à l’annoncer, à le partager ? Ne soyons pas comme le jeune homme riche qui s’en est allé tout triste, écoutons plutôt les messages des missionnaires partis au loin,  ils nous disent ce qu’ils ont effectivement reçu au centuple : de l’amitié, de l’affection, un esprit de prière chez les peuples qui les ont accueillis, chez vous, chers frères et sœurs de Wallis et Futuna !

Sg 7, 7-11; Ps : 89, 12-13, 14-15, 16-17; He 4, 12-13;Évangile : Mc 10, 17-30 (ou brève 17-27)

Mgr Colomb, Rochefort

Photo : Cathédrale de Mata Utu, Wallis et Futuna

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