Méditation du Père Ferdinand Sambou, chapelain de Lorette – la maison de Pauline Jaricot à Lyon.
1ère lecture : 17, 3-7 Ps 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9 ; 2ème lecture : Rm 5, 1-2.5-8 ; Évangile : Jn 4, 5-42.
Textes du dimanche 8 mars 2026 – Année A
Ce troisième dimanche du Carême ouvre, dans nos paroisses, la période des « scrutins » pour la préparation immédiate des catéchumènes au baptême. La Parole de Dieu nous propose une liturgie baptismale centrée sur le Christ, vraie source du Salut.
Le texte de l’Exode nous relate l’histoire d’un peuple confronté à la soif, après sa libération d’Égypte. Les enfants d’Israël crient sous la chaleur du désert, l’eau manque, ils récriminent contre Dieu et son envoyé, Moïse. Le Seigneur agit et fait jaillir du rocher l’eau qui épanche la soif de son peuple.
Au-delà des besoins humains et matériels, Dieu agit au plus profond de notre âme lorsqu’il répond à nos demandes. C’est tout le sens et la portée de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine, au bord du puits de Jacob. Elle implique deux personnes qui ne devraient jamais se rencontrer – encore moins se parler – dans le contexte historique et social de l’époque car Juifs et Samaritains se détestaient mutuellement.
Au puits de la rencontre
Ce puits est le symbole du carrefour de nos existences souvent distendues où le Christ nous convoque pour établir le dialogue et créer un lien en vue de notre Salut.
« Donne-moi à boire » ! Une demande simple a priori mais confrontée aux obstacles de nos méfiances et des clichés culturels : « Comment ! Toi, un juif, tu me demandes à boire à moi, une Samaritaine ? »
La réponse de Jésus va changer le cours de l’histoire et créer un lien humain et spirituel entre lui et la Samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu et celui qui te demande à boire, c’est toi qui lui demanderais, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Une discussion s’engage et finalement, la Samaritaine accueille et adhère : « Seigneur, donne-moi de cette eau vive (..) » Ainsi donc s’établit un véritable échange et la rencontre de deux volontés : celle de Dieu qui cherche à sauver l’homme et celle de l’humanité blessée en quête de bonheur dont cette femme au passé douloureux est porteuse.
Le chemin de conversion dans lequel s’engage cette femme de Samarie naît alors d’une rencontre et d’un dialogue. Il en est de même pour chacun de nous : la foi n’est pas le résultat d’un effort personnel mais plutôt la rencontre entre un « Je » et un « Tu » ; la rencontre de Dieu avec l’homme qui dialoguent ensemble et qui se donnent mutuellement.
Le don du baptême
Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous le rappelle. C’est grâce à la foi que nous sommes justifiés, puisque « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ». Le préalable pour nous est de découvrir et de reconnaître notre petitesse et notre fragilité humaine et spirituelle afin que cela nous aide à désirer Dieu, à avoir soif de Lui pour et lui laisser le soin de nous abreuver à la source vive de l’Evangile.
Par le don du baptême, nous avons été plongés dans cette source d’eau jaillissante qui nous donne le Salut et fait de nous des porteurs du Christ, c’est-à-dire de son Evangile, comme la Samaritaine le fut pour les gens de son peuple : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »
En ce temps qui nous sépare de Pâques, efforçons-nous de continuer cette mission d’annonce à travers notre témoignage pour proposer le Christ à ceux que nous rencontrons sur le chemin de notre humanité.
Lorsque nous avons rencontré le Christ, notre vie est transformée ! Bonne montée vers Pâques !
Père Ferdinand SAMBOU, Chapelain de Lorette