Mercredi 11 février 2026, dans sa chronique “Sacrée Mission” sur RCF et Radio Notre Dame, Romaric Bexon présentait un nouveau projet de soutien des OPM en faveur de l’éducation féminine.
Pierre-Hugues Dubois : Romaric Bexon, lors de votre récente visite au Tchad pour le compte des Œuvres Pontificales Missionnaires, vous êtes allé voir un projet porté par vos partenaires locaux : une école de filles. Cette école vient tout juste d’ouvrir ses portes en octobre dernier. Elle a été ouverte par les Filles du Saint Cœur de Marie. Tout d’abord, pouvez-vous nous expliquer qui elles sont ?
Romaric Bexon : C’est une congrégation religieuse féminine fondée en 1858 à Dakar par un missionnaire spiritain. Il s’agit de la plus ancienne congrégation autochtone d’Afrique. Les Filles du Saint Cœur de Marie sont spécialisées dans l’éducation, la pastorale et les œuvres sociales, souvent dans des contextes difficiles. Depuis quelques décennies, elles ont envoyé des missionnaires depuis le Sénégal vers de nombreux pays d’Afrique, comme le Mali, le Niger, la Centrafrique ou le Tchad. Elles sont présentes depuis une trentaine d’années à Fianga, une petite bourgade tchadienne frontalière du Cameroun. En octobre dernier, les sœurs ont ouvert une nouvelle école, qui accueille trois classes de filles du préscolaire, avec l’ambition de se développer davantage en fonction des ressources.
Pierre-Hugues Dubois : Pourquoi ont-elles créé une école uniquement réservée aux filles ?
Romaric Bexon : J’ai posé la question à la directrice, sœur Odette, une missionnaire sénégalaise. Elle m’a expliqué qu’il y a déjà des écoles mixtes, mais les sœurs se sont aperçu qu’en raison du contexte culturel local, il était très difficile pour les petites filles d’exprimer leur plein potentiel en présence de garçons. En effet, elles sont beaucoup plus en confiance dans des classes non mixtes. Cette école permet aussi de mettre l’accent sur l’importance de l’éducation féminine. Il y a à la fois un enjeu purement scolaire, mais aussi un enjeu lié à leur développement intégral. Par-là, avec la participation des familles, les sœurs entendent aider les petites filles à prendre confiance en leurs capacités, et plus tard les encourager à aller jusqu’au baccalauréat. De cette manière, elles pourront aussi éviter les mariages précoces.
Pierre-Hugues Dubois : Cela représente un sacré programme ! Actuellement, quels sont leurs besoins les plus urgents ?
Romaric Bexon : Effectivement la route est encore longue ! A très court terme, les sœurs cherchent à installer des sanitaires ainsi que l’eau courante. Il faut également installation un mur d’enceinte, ainsi que d’un bureau pour le personnel. Tout cela permettra de faire cours plus longtemps, et d’accueillir plus d’enfants, en toute sécurité. A moyen/long terme, l’école cherche à s’agrandir de 6 classes supplémentaires avec l’ajout de deux nouveaux bâtiments.
PHD : Merci Romaric Bexon, nous nous retrouvons la semaine prochaine pour une nouvelle chronique Sacrée Mission ! En attendant, rendez-vous sur opm-France.org pour tout connaître des OPM en France et dans le monde !
Retrouvez mercredi 18 février prochain votre rendez-vous hebdomadaire des OPM, “Sacrée Mission”.
Retrouvez tous les podcasts de la chronique des OPM “Sacrée Mission” sur RCF / Radio Notre Dame, et en direct chaque mercredi à 6h44.