Mercredi 4 février 2026, dans sa chronique “Sacrée Mission” sur RCF et Radio Notre Dame, Romaric Bexon témoignait de son récent voyage au Sahel.
Pierre-Hugues Dubois – Romaric Bexon, vous revenez de mission au Tchad où vous avez visité différents projets soutenus par les OPM, notamment l’école Saint Pierre Chanel. Il s’agit d’une école de brousse dont le nouveau bâtiment principal vient d’être inauguré.
Romaric Bexon – C’est dans cette zone rurale très reculée du sud du Tchad, à plusieurs heures de route du plus proche aéroport, que cette école est sortie de terre. Pour s’y rendre, il faut emprunter tour à tour la piste accessible aux 4×4, puis de petits chemins à moto à travers la brousse. On se situe alors sur le territoire des Moundang, un peuple vivant entre le nord du Cameroun et le sud du Tchad. La plupart des Moundang ne parlent que leur langue et vivent de la culture du mil rouge. Certains sont chrétiens catholiques ou protestants, d’autres musulmans, et beaucoup restent animistes. Ici, il n’y a pas d’eau courante ni d’électricité. La quasi-totalité des bâtiments sont des cases de terre et de paille. Les écoles, quant à elles, sont très rares et rudimentaires, construites en tiges de mil, un matériau qui ne résiste ni aux intempéries ni aux animaux.
P-H D – Grâce à la collecte organisée avec le projet annuel de l’Enfance Missionnaire, les OPM ont pu mobiliser les fonds nécessaires pour construire une véritable école dans le village de Ndaïtchou. Un projet qui est né d’une initiative locale.
RB – C’est un des points les plus importants. Ce projet est vraiment né de la volonté de certains parents et professeurs, qui avaient commencé à organiser l’école dans une chèvrerie abandonnée, mais celle-ci s’avérait trop petite et trop fragile. C’est ainsi que le père Fabrizio, curé de la paroisse de Bissi-Mafou, et Elisa Perrini, missionnaire laïque, ont fait appel aux OPM. Ce sont eux qui assurent le suivi du projet, en veillant à ce qu’il reste pleinement porté par la population. Il ne s’agit pas de livrer un bâtiment clé en main.
P-H D – Chaque avancée suppose un engagement des familles qui en bénéficient.
RB – Ces dernières ont été amenées à contribuer en fabriquant elles-mêmes des briques dans les fours traditionnels tchadiens, en apportant du sable depuis la rivière voisine ou encore en creusant une fosse pour les latrines. Aujourd’hui, l’école est bel et bien opérationnelle, mais il reste quelques travaux de finition avant la saison humide. La mise en service des nouveaux bâtiments améliore déjà nettement les conditions d’apprentissage, dans un pays où plus de la moitié des enfants n’achèvent pas leur scolarité.
P-H D – Merci Romaric Bexon. Nous nous retrouvons la semaine prochaine pour une nouvelle chronique « Sacrée Mission » ! En attendant, chacun peut découvrir les projets soutenus par les OPM sur le site opm-france.org ou sur les pages dédiées sur les réseaux sociaux !
Retrouvez mercredi 11 février prochain votre rendez-vous hebdomadaire des OPM, “Sacrée Mission”.
Retrouvez tous les podcasts de la chronique des OPM “Sacrée Mission” sur RCF / Radio Notre Dame, et en direct chaque mercredi à 6h44.