Le lendemain de la Toussaint, l’Église fait mémoire de tous les défunts. Pourquoi se souvenir des morts ? Que leur devons-nous ? Dans son homélie, le P. Ferdinand Sambou répond avec douceur et espérance : la mort n’est pas un terme, mais un passage.
Se souvenir de tous
Dans le prolongement de la Toussaint, l’Église célèbre le 2 novembre la commémoration des fidèles défunts. Elle nous invite à nous souvenir de « tous ceux qui se sont endormis et nous ont précédés dans le sommeil de la mort ».
Les membres de nos familles, de nos communautés, ceux qui nous étaient proches, mais aussi ceux que nous ne connaissons pas : tous, nous les confions dans la même prière « au Dieu vivant et miséricordieux ».
Faire mémoire, ce n’est pas raviver la douleur
Pourquoi une mémoire des morts ? Le P. Ferdinand Sambou répond : « Faire mémoire, ce n’est pas se rappeler de ce qui nous fait souffrir ; de leur départ, quelquefois prématuré ou brutal. Au contraire, c’est faire vivre en nous le souvenir de leur passage sur cette terre. »
Faire mémoire, c’est aussi garder le lien vivant. Car, comme il le dit simplement : « Ils ont besoin de nos prières et nous avons besoin des leurs. »
Fleurir une tombe, un acte de foi
Ces jours-ci, les cimetières se remplissent. On nettoie, on embellit, on fleurit les tombes. Pour le P. Ferdinand, « nous ne pouvons pas seulement y lire un effet de tradition, il y a aussi un acte de foi ».
Ce geste exprime le cœur de la foi chrétienne : le Christ est ressuscité d’entre les morts, premier de tous les ressuscités (1 Co 15, 20).
La mort est une Pâque
Par la Résurrection du Christ, la mort change de sens. « Elle n’est plus anéantissement, mais une “Pâque”, c’est-à-dire un passage de cette terre vers l’au-delà. » Et le P. Ferdinand d’ajouter : « La mort ne nous fait plus peur, elle a été vaincue. »
Les lectures de ce jour vont dans le même sens. Le livre de la Sagesse rappelle que l’homme est créé pour la vie. Saint Jean, dans l’Apocalypse, proclame : « Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur. » Et saint Paul assure que nous serons transformés et ressusciterons pour revêtir l’immortalité.
D’où cette certitude, qui nourrit notre espérance : « Ceux qui nous ont précédés ne sont pas perdus, ils sont dans le cœur de Dieu. » Dieu, « qui ne veut perdre aucun de ses enfants », les accueille dans son amour et son pardon sans limites.
Ce que nous leur devons
Il est donc important, pour nous chrétiens, de garder vivante cette communion avec nos défunts, « afin qu’ils n’entrent pas dans l’oubli ». Le P. Ferdinand propose trois gestes simples :
- leur rendre visite ;
- célébrer des messes en leur mémoire ;
- prendre soin du lieu de leur repos.
« Voilà ce que nous leur devons désormais, nous qui sommes encore en pèlerinage sur cette terre, car un jour nous les rejoindrons. »
Pour toutes les familles en deuil
En ce jour, le P. Ferdinand nous invite à prier pour les familles récemment endeuillées, mais aussi pour toutes les autres, et spécialement pour les membres de nos communautés qui ont perdu un proche. « Que le Christ soit leur soutien dans la souffrance du départ de leurs proches. »
Le Christ nous assure à tous de sa présence et de son amour inconditionnel dans les moments les plus éprouvants : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. » (Mt 11, 28)
« Que par la miséricorde de Dieu, les âmes de nos fidèles défunts reposent en paix. Amen ! »