Mercredi 21 avril 2026, dans sa chronique “Sacrée Mission” sur RCF Notre Dame, Romaric Bexon est revenu sur la visite du pape Léon XIV au Cameroun à travers le témoignage du vicaire général du diocèse de Yaoundé et recteur de la cathédrale, Mgr André Nko’o. Une visite vécue comme une véritable visitation pastorale, jusque dans la ville de Bamenda, marquée par la crise anglophone. Un geste fort, perçu comme une semence de réconciliation, confiée à la prière et aux gestes quotidiens de paix ».
Pierre-Hugues Dubois : Romaric Bexon, cette semaine, vous revenez sur la visite du pape Léon XIV au Cameroun. Vous avez reçu un témoignage fort, celui du recteur de la cathédrale Notre-Dame des Victoires de Yaoundé. Que dit-il, au fond, de cette visite apostolique ?
Romaric Bexon : Monseigneur André Nko’o a vécu cette visite de très près, puisque la cathédrale Notre-Dame des Victoires figurait parmi les premières étapes du voyage papal au Cameroun. Pour le recteur, cette visite papale était une véritable visitation : « Dieu est venu voir son peuple. »
Monseigneur Nko’o raconte avoir vu, selon ses mots, « ce que nul discours ne fabrique : la joie des pauvres, la dignité retrouvée, les larmes des mères devenues action de grâce ». Le prélat camerounais parle d’une foule venue pour être « confirmée dans sa foi », par la seule présence du souverain pontife.
Pierre-Hugues : Ce témoignage évoque aussi très fortement la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays, dite la crise du « Cameroun anglophone ».
Romaric : Le recteur précise qu’il ne parle pas en analyste politique, mais en tant que pasteur. Il dit cette phrase très forte que je voudrais vous partager :
« Quand le Saint-Père a posé le pied à Bamenda, il a écrit une page d’Évangile avec ses pas. »
André Nko’o y voit une manière de rejoindre, sans le dire, les familles blessées, les jeunes sans avenir, les enfants privés d’école depuis des années. Sans prononcer de discours politique, le pape a tenu à rappeler au peuple camerounais qu’il n’était pas une simple périphérie, mais bien au « cœur de l’Église ».
Pierre-Hugues : Quelle espérance cela ouvre-t-il pour le Cameroun ?
Romaric : Le recteur parle d’un chemin de réconciliation. Ce chemin n’est pas imposé d’en haut, mais naît « à genoux », du pardon demandé et donné, de la justice qui répare, ainsi que de la vérité qui rend libre. André Nko’o rappelle également qu’il a été marqué par l’appel évangélique du pape : « Heureux les artisans de paix. » Pour lui, la diversité linguistique du Cameroun n’est pas une faiblesse, mais une véritable Pentecôte, si chacun parle la langue de la fraternité.
Pierre-Hugues : Dans ce témoignage, le recteur de la cathédrale de Yaoundé adresse aussi un message très clair au-delà des frontières du Cameroun.
Romaric : Monseigneur Nko’o veut faire parvenir aux auditeurs ce message : « le Cameroun ne demande pas l’aumône de la pitié », mais bien la « communion de la prière ». Il conclut en qualifiant cette visite du pape de semence, qu’il appartient désormais aux chrétiens du Cameroun et d’ailleurs de faire germer « par des gestes de paix au quotidien ».
Rendez-vous mercredi 29 avril prochain pour une nouvelle chronique “Sacrée Mission”.
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