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6 avril 2021

Quelle est la pierre angulaire de notre vie ?

Le psaume 117 nous le dit et nous pouvons le chanter aujourd'hui : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. » Méditation de Mgr Colomb à l'occasion de la fête de Pâques.

Le Christ est cette pierre méprisée, rejetée par les bâtisseurs : il est devenu la pierre d’angle, la pierre de fondation de l’humanité nouvelle. Désormais, l’humanité libérée de la mort exulte avec lui : « Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur » !

 

N’ayons pas peur des pierres rejetées, c’est la rançon de la liberté !

N’ayons pas peur d’être nous-mêmes la pierre rejetée. Ne tombons pas dans les pièges d’une société qui flatte notre ego de consommateur ou d’électeur. Sachons rester des serviteurs du Christ. C’est-à-dire, des serviteurs du Bien commun, de nos frères les plus pauvres, de l’évangile, en l’annonçant par le témoignage de notre vie, malgré le péché qui est le nôtre. Ne cherchons pas à plaire aux foules qui complotent, accusent et condamnent ! Quelle est la pierre angulaire de notre vie ? Sur qui repose-t-elle ? Qui est celui qui oriente nos choix, nos décisions importantes pour la vie familiale, l’éducation des enfants ?

Soyons clair, nous ne trouvons nulle part dans l’écriture une phrase pour dire que le messie ressuscitera. Au bord du tombeau vide, Pierre et Jean ne viennent donc pas d’avoir une illumination comme si une phrase précise, mais oubliée, de l’Écriture revenait à leur mémoire ; mais, tout d’un coup, c’est l’ensemble du plan de Dieu qui leur est apparu ; comme dit Saint-Luc à propos des disciples d’Emmaüs, leurs esprits se sont ouverts à « l’intelligence des Écritures ».

À notre tour, nous n’aurons jamais d’autre preuve de la résurrection du Christ que ce tombeau vide… Dans les jours qui ont suivi la crucifixion, il y a eu les apparitions du Ressuscité. Mais aucune de ces preuves n’est vraiment contraignante… Notre foi devra toujours se donner sans autre preuve que le témoignage magnifique des communautés chrétiennes qui l’ont maintenue jusqu’à nous.

 

Témoin de la résurrection et de ce qui nous fait vivre

 

Les femmes au tombeau, mais aussi les cinq cents frères (1 Cor 15, 3-8) auxquels Jésus ressuscité est apparu, de Thomas aux pèlerins d’Emmaüs, de Paul à la foule des saints qui ont eu la vision du Christ ressuscité, une chaîne ininterrompue se déroule au travers des siècles et dans cette chaîne, frères et sœurs, chers amis, vous avez votre place, une place unique que vous seul pouvez occuper. Oui, vous êtes, vous aussi, appelés à témoigner de la résurrection du Christ et de la foi qui vous fait vivre. Le mal, la mort, le péché n’ont plus le dernier mot, et de cela vous aussi êtes les témoins. C’est dans la mort et la résurrection du Christ que vous avez été baptisés, dans cette mort et cette résurrection que des milliers de catéchumènes, parfois au péril de leur vie, ont été baptisés pendant la Semaine sainte et dans les semaines à venir dans le monde entier. Nous sommes solidaires avec eux dans la foi.

Avec eux, nous formons l’Église, une sainte, catholique et apostolique. Malgré les faiblesses et les pauvretés de certains, l’Église est dépositaire du don de la foi, du don de l’espérance, du don de la charité et rien ne doit ni ne peut nous séparer de l’amour du Christ. Aujourd’hui le Christ vient à nous. Il est sacramentellement et vraiment présent. Le Christ vu par les témoins de la résurrection, nous allons le recevoir dans l’Eucharistie. Il nous ouvre ses bras en nous donnant son pardon dans le sacrement de la réconciliation. Il est présent et agit en nous dans chacun des sacrements que nous recevons depuis notre baptême.

 

La joie est possible

Aujourd’hui nous sommes devant le tombeau vide. Avec Jean qui a cru sans hésitation, avec Pierre qui, par trois fois, a renié le Seigneur, avec les saintes femmes, nous sommes appelés, chacun de nous, dans l’état de vie qui est le nôtre, à cette rencontre personnelle, intime et réelle avec le Christ. Puissions-nous, avec l’aide de l’Esprit Saint, prendre conscience du bouleversement de l’histoire des hommes qu’a introduit le matin de Pâques ! Depuis ce jour-là, malgré nos larmes, nos souffrances, nos échecs, la joie est possible, elle nous est offerte, avec l’espérance car nous sommes déjà ressuscités dans le Christ !

En ce jour de joie faisons nôtre la prière du pape François : « Que le Seigneur nous fasse participer à sa Résurrection : qu’il nous ouvre à sa nouveauté qui transforme, aux surprises de Dieu qui sont si belles ; qu’il fasse de nous des hommes et des femmes capables de faire mémoire de ce qu’Il accomplit dans notre histoire personnelle et dans celle du monde ; qu’il nous rende capables de le reconnaître comme étant le Vivant, qui vit et agit au milieu de nous ; qu’il nous enseigne chaque jour, chers frères et sœurs, à ne pas chercher parmi les morts Celui qui est vivant », afin qu’en Lui et pour Lui nous puissions vivre à jamais, dans le réconfort et la paix !

Monseigneur Georges Colomb, directeur des Œuvres Pontificales Missionnaires
Extrait du message de Pâques du Pape François

 

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