Share
7 octobre 2020

Un prêtre sri-lankais construit des maisons pour les familles défavorisées

Depuis 14 ans, le père Dilan Perera pilote un programme d’aide au logement pour les familles dans le besoin. En tout, le prêtre a construit plus de 200 maisons pour des bouddhistes, des hindous, des musulmans et des chrétiens démunis.

Madasami Selvaraj, un ouvrier hindou a toujours rêvé de construire une nouvelle maison. Durant les jours de pluie, la plupart du temps, ses enfants ne peuvent pas aller à l’école parce que leurs uniformes scolaires sont trempés. Sa famille vit actuellement dans une petite hutte en chaume. « Quand il pleut, toute la maison devient humide et boueuse. Nous avons rencontré tous les responsables politiques du quartier pour demande de l’aide, mais personne n’a répondu. En fin de compte, notre maison est devenue tellement boueuse et mouillée à cause de la pluie que les murs se sont effondrés. Tous ceux qui vivent à côté de ma maison sont riches, ils ont des maisons luxueuses avec de longs murs qui les protègent. Aucun d’entre eux n’a eu pitié de moi. ».  C’est alors qu’un moins bouddhiste lui conseille d’aller voir le Père Dilan Perera…

 

« Le père Dilan a construit une belle maison pour notre famille, et nous l’avons inaugurée le 21 septembre. Maintenant, mes quatre enfants peuvent aller à l’école même les jours de pluie, et cette maison, c’est le paradis dont j’avais toujours rêvé », se réjouit-il avec émotion.

 

200 maisons construites en 14 ans

Durant quatorze ans, le père Dilan Perera, de la congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, a œuvré pour améliorer les conditions de vie des populations rurales démunies. Aujourd’hui, le prêtre vit dans une paroisse de Colombo, la capitale, mais son programme d’aide au logement a débuté dans l’église du Christ Libérateur de Buttala, dans le district de Monaragala, dans un petit village reculé à 320 km de Colombo. Étonnamment, quelle que soit la quantité de travail qui l’attend dans sa paroisse Notre-Dame de Fatima de Maradana, à Colombo, il continue de construire des maisons pour les plus pauvres.

Eglise du Christ Libérateur de Buttala © Diocese de Badulla, Sri Lanka

En effet, il existe toujours des personnes démunies vivant dans des maisons en cadjan – des nattes tissées à base de feuilles de cocotier. En tout, il a érigé plus de 200 nouvelles maisons avec installations sanitaires pour des bouddhistes, des hindous, des musulmans et des chrétiens démunis à travers le pays. En 2006, il a notamment construit de nouvelles maisons afin d’améliorer les conditions de vie des habitants de Monaragala, un district au taux de pauvreté particulièrement élevé. Des organisations caritatives et des donateurs privés soutiennent la construction des maisons, dont la moitié ont été offertes à des bouddhistes, des hindous et des musulmans.

Maison en cadjan à Monaragala © Sri Lanka Guardian

« Dans certains lieux, les gens vont faire leurs besoins dans la jungle, ou ils se lèvent très tôt pour aller à la plage, j’ai donc fait construire des toilettes dans chacune des maisons », explique le père Perera. « Alors que le gouvernement s’occupe de les déplacer, de mon côté, j’essaie de construire une maison là où ils sont. La principale difficulté vient du fait que la plupart d’entre eux ne possèdent pas le terrain où ils vivent. Je suis aidé dans cette mission par quelques locaux et des amis étrangers, à très petite échelle. C’est vraiment une tâche difficile, mais Dieu est avec moi. Je me souviens de chacun d’entre eux dans mes prières. » 

 

Le soutien d’une organisation australienne, Dream Team, a notamment permis au prêtre d’achever plusieurs maisons. Les bienfaiteurs individuels contribuent également avec des dons modestes. Sadun Hapuarachchi, un enseignant d’une école internationale de Colombo, confie que quelle que soit la charge de travail du père Perera dans sa paroisse urbaine, il trouve toujours du temps pour aider les sans-abri. « Nous avons des bons éléments et des gens compétents parmi les prêtres et les religieux, mais il y a peu de pasteurs qui se préoccupent ainsi des plus pauvres. Les gens aiment vraiment ces pasteurs, et de tels prêtres vivent à jamais dans leur mémoire. Aujourd’hui, beaucoup de prêtres font seulement leur travail au sein de leur paroisse, mais le père Dilan va plus loin, non seulement pour son église mais en dehors de sa paroisse. »

(Via Ucanews)

Print