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21 février 2021

Premier dimanche de carême : creuser le sens de notre Alliance avec Dieu

La liturgie du 1er dimanche de carême propose toujours à notre méditation le récit des tentations de Jésus au désert. L'Évangile de Marc ne mentionne pas le détail de ces tentations. Il nous dit seulement que Jésus, immédiatement après son baptême, est poussé au désert par l'Esprit. Voilà bien les deux termes de notre méditation de ce premier dimanche de carême : le baptême et le désert.

Jésus poussé au désert

Après son baptême par Jean, l’Évangile de Marc nous dit que Jésus fut poussé par l’Esprit au désert. Là, il demeura quarante jours « tenté par Satan ». C’est à un véritable combat que livre Jésus !  Le Fils de Dieu n’a rien à prouver contre Satan et le péché. Cependant, ce combat nous dit, à nous qui entamons ce chemin du carême, que l’essentiel est le combat que nous devons livrer jour après jour contre le péché parce qu’il est rupture de l’Alliance avec Dieu. Toute l’histoire de notre salut est histoire d’Alliance, de noces entre le ciel et la terre. Pour que les noces soient valides, il y faut le consentement libre des deux partenaires. Dieu a fait la moitié du chemin :

Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre.

Cette Alliance concerne tous les hommes, car nous sommes tous également fils d’un unique Père, appelés à donner une réponse libre, une réponse que nous murmurerons dans l’intimité de notre cœur et que nous proclamerons en Église.

Notre oui nous engage à nous convertir, à changer ce qui dans notre vie n’est pas conforme au plan de Dieu. Au-delà de nous et avec nous, c’est tout le peuple de Dieu en marche qui s’engage, et avec lui toute la création. Oui, Dieu attend de nous, au-delà de la confession de notre péché, toujours nécessaire, la fidélité à l’Alliance. Le temps du carême est un temps donné pour que nous creusions le sens de cette Alliance.  Ce n’est qu’une fois que nous sommes en route pour vivre en vérité dans l’Alliance que nous pourrons à notre tour proclamer l’Évangile que Dieu nous confie. Sans cet ancrage en Dieu, nous ne pourrons pas nous dire disciples du Christ et partenaires de l’annonce de l’Évangile. Pour proclamer par toute notre vie le Royaume de Dieu qui vient, il nous faut accepter le combat de la foi et la transfiguration de notre vie, inaugurée au baptême.

 

Le baptême

Le carême est le temps heureux où les catéchumènes, depuis l’Église primitive, se préparent à recevoir le baptême. C’est en quelque sorte la dernière ligne droite après de longs mois, des années parfois de préparation. Nous avons peut-être oublié, nous, vieux baptisés, le plus souvent dans notre petite enfance, le sens formidable du premier des sacrements. Pierre nous le rappelle avec force :

Le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ…

Oui, être baptisé, c’est participer dès maintenant à la résurrection du Christ et mener une vie nouvelle faite d’amitié, de compagnonnage, d’intimité avec la trinité sainte. Qu’importent les difficultés du combat, qu’importent les blessures, les chutes ; pourvu que dans le repentir nous conservions toujours et nous cultivions sans jamais nous lasser cette intimité avec Dieu inaugurée à notre baptême et qui se déploiera dans toute sa plénitude au-delà de la mort. Le règne de Dieu se fait proche. Sachons saisir la chance, cette année encore, d’approfondir notre foi dans la joie et l’espérance. Prions pour les catéchumènes qui seront appelés cet après-midi dans cette église.

 

Gn 9, 8-15; Ps : 24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9;  1 P 3, 18-22;  Mc 1, 12-15

Monseigneur Colomb, homélie du premier dimanche de carême.

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