Perspectives pour les OPM - OPM
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21 novembre 2022

Perspectives pour les OPM

Conférence de Mgr Giampietro DAL TOSO au congrès des 400 ans de la Propagation de la Foi et des 200 ans des Œuvres Pontificales Missionnaires (novembre 2022 - Novembre 2022 – Rome Collège Urbanien).

Y a-t-il un avenir pour les Œuvres Pontificales Missionnaires ?

Telle est la grande question que nous pouvons nous poser à un moment aussi délicat que celui de la célébration du 200e anniversaire de cette institution.

Actuellement, les OPM sont 4 Œuvres différentes, coordonnées par 4 Secrétaires généraux, et s’enracinent sur le territoire grâce à 120 Directions nationales, dont certaines couvrent plusieurs pays. Plus profondément encore, comme je l’ai mentionné, le CIC prévoit un délégué dans chaque circonscription ecclésiastique. Nous avons donc affaire à un corps qui est vivant et répandu dans l’Église catholique comme nul autre, probablement. Cela doit également être reconnu.

En outre, les Œuvres apportent un soutien financier, dans certains cas décisifs, aux circonscriptions des pays confiés au Dicastère missionnaire. Je tiens à souligner la contribution à la formation des futurs prêtres, étant donné que l’œuvre de Saint-Pierre-Apôtre finance une partie de la formation d’environ 75 000 séminaristes et que l’œuvre de la Propagation de la Foi finance chaque année le séjour à Rome et les études d’environ 500 prêtres et religieuses.

S’il est vrai qu’à quelques exceptions près et hormis l’œuvre pontificale de l’Enfance Missionnaire, elles ont perdu leur caractère associatif, les Œuvres Pontificales Missionnaires restent un réseau universel de prière, de charité et d’in/formation pour soutenir le Saint Père dans son action en faveur des missions. La prière, la charité et l’in/formation sont les trois instruments par lesquels les OPM réalisent leur charisme.

 

Mais quel est ce charisme, qui détermine leur spiritualité spécifique ?

Pour le décrire, j’utilise trois concepts, qui revêtent une importance croissante même pour l’Église d’aujourd’hui. Il s’agit de la foi, de la mission et de l’universalité. La foi : sans foi, il n’y a pas de mission, car la mission est la maturité de la foi. La mission : le Seigneur a envoyé ses apôtres pour évangéliser les nations, c’est-à-dire pour porter la bonne nouvelle que le Christ est mort et ressuscité pour notre salut ; c’est autour de cela que gravite l’action missionnaire. L’universalité : l’Église est catholique parce qu’elle est universelle, c’est-à-dire envoyée à tous les peuples et donc composée de tous les peuples ; personne ne croit tout seul, mais nous faisons partie d’un corps qui nous unit les uns aux autres dans un cheminement commun.

Je crois que le charisme des Œuvres consiste précisément à aider le croyant individuel à vivre sa foi dans son essence de foi missionnaire et universelle. Ce n’est pas quelque chose qui se superpose à la foi, mais cela aide à vivre la foi dans son intégrité. Et puisque omne trinum est perfectum, sur la base de ces considérations, j’envisage trois lignes de travail pour l’avenir.

 

1. Une collaboration toujours plus grande avec les Églises locales

Étant à la fois pontificales et épiscopales, les Œuvres doivent être fermement ancrées dans la pastorale diocésaine et ne pourront subsister sans ce lien profond.

La structure même des Œuvres a pour pivot les Directions nationales, dont le succès du travail dépend en grande partie de la relation avec les Directeurs diocésains. L’enracinement dans la pastorale diocésaine n’a pas pour but de s’ajouter aux différents besoins auxquels la pastorale doit répondre, mais plutôt d’aider chaque diocèse à inscrire le cœur de son action dans le mandat missionnaire. Dire que l’Église est missionnaire par nature revient à dire que l’Église locale doit, elle aussi, être missionnaire pour l’être.

Les OPM sont un instrument utile dans les diocèses permettant de vivre exactement cet esprit missionnaire d’une manière très simple et immédiate. Il s’agit à la fois d’offrir aux fidèles une méthode concrète pour participer à l’activité missionnaire de l’Église, et d’évangéliser les fidèles précisément par la participation à cette activité missionnaire.

En fin de compte, c’était aussi la véritable intention de Pauline Jaricot, que j’ai mentionnée précédemment : encourager la mission dans les pays lointains afin d’évangéliser ses voisins. Cette fonction d’animation dans les Églises locales est mise en œuvre sous toutes les latitudes, quelles que soient les conditions financières d’une Église locale, car l’esprit missionnaire doit nourrir chaque Église.

Dans les territoires relevant de la Section des Nouvelles Églises du Dicastère pour l’Évangélisation, la collaboration avec les Églises locales se poursuit évidemment aussi dans le domaine économique, en ce sens que les Œuvres doivent continuer à soutenir financièrement la création et l’implantation de nouvelles Églises.

Du point de vue financier, la tâche principale reste d’aider les Églises locales à se doter des structures nécessaires à l’accomplissement de leur mission. En ce sens, la nature purement pastorale de l’aide offerte par les OPM reste inchangée.

 

2. Faire renaître le sens missionnaire

Il faut être très objectif : si les Œuvres, au début de leur existence, ont eu un tel succès immédiat, c’est principalement dû au fait que le sens missionnaire, c’est-à-dire l’urgence de proclamer l’Évangile, était répandu au sein du Peuple de Dieu. C’est pourquoi j’ai parlé tout à l’heure d’un véritable mouvement spirituel missionnaire.

Avec la même objectivité, nous devons reconnaître que ce sens missionnaire a fortement diminué dans l’Église d’aujourd’hui, car la foi en Christ n’est souvent plus perçue et vécue comme un don à partager. Si les OPM ne peuvent donc plus compter sur ce substrat, il leur incombe de le raviver, comme cela est le cas de tant d’autres réalités bien vivantes dans le corps de l’Église.

Permettez-moi d’ajouter que ce sens missionnaire renouvelé est également nécessaire à la réflexion théologique sur la mission, dans laquelle le souci de l’ingérence colonialiste, du brassage culturel et des inégalités sociales semble parfois occulter le cœur de la théologie, qui est la révélation définitive de Dieu en Jésus-Christ.

Ce n’est pas la première fois que je fais remarquer que le champ missionnaire a besoin aujourd’hui d’une théologie bibliquement fondée, raisonnée et cohérente. Je vois dans ce domaine un rôle spécifique de l’Union Pontificale Missionnaire, qui – à titre d’exemple – a récemment publié un volume sur la mission dans les Eglises orientales, un thème qui n’a jusqu’à présent reçu que peu d’attention.

 

3. Encourager la mission ad gentes

Enfin, une troisième perspective consiste à maintenir vivante, dans la ligne du Magistère des Pontifes, la préoccupation pour la missio ad gentes, c’est-à dire pour la vocation spécifique de ceux qui quittent leur famille, leur patrie et leurs coutumes pour se faire les hérauts de l’Évangile dans des contrées qui ne sont pas les leurs et qui sont marquées par la non-croyance au Christ.

Une vocation ad gentes, ad extra, ad vitam dont l’Église elle-même a besoin, non seulement pour des raisons fonctionnelles, mais avant tout pour montrer concrètement aux gens que, pour l’Évangile, on peut tout quitter, car l’Évangile mérite tout.

J’ai souligné à plusieurs reprises que la missio ad gentes n’est pas un modèle dépassé, mais qu’elle s’applique avec de nouveaux paradigmes, qu’elle ne se fait plus du nord au sud, mais qu’elle s’adresse à tous les domaines de la non-croyance qui caractérisent désormais une grande partie de la culture moderne.

En outre, nous assistons de plus en plus à l’implication des laïcs dans la missio ad gentes, notamment, mais pas exclusivement, dans les communautés et les mouvements nés dans le contexte du Vatican II. C’est précisément dans l’Œuvre Pontificale de l’Enfance Missionnaire que l’aspect vocationnel missionnaire bénéficie d’une grande attention.

 

Les OPM : contribuer à la vie de l’Église pour le salut du monde

Chers amis, s’il est vrai que l’Église est missionnaire par nature, alors il y aura toujours de la place dans l’Église pour ces institutions, telles que les OPM, qui animent la conscience missionnaire des fidèles et soutiennent les structures des Églises locales.

Dans la devise « L’avenir dans les racines », nous avons indiqué les orientations qui marquent notre bicentenaire. Contribuer à la vie de l’Église pour le salut du monde est une responsabilité qui nous accompagnera également à l’avenir.

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