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17 octobre 2020

🌏 Aventuriers missionnaires 👉 jour 6 : Marie-Françoise Perroton, première femme missionnaire à Wallis

marie francoise perroton femme missionnaire en Océanie

Saviez-vous que Marie-Françoise Perroton fut, en 1846, la première femme missionnaire à débarquer en Océanie, à 16 000 km de la France métropolitaine ?

La demoiselle Perroton est la figure typique de ces femmes humbles et gĂ©nĂ©reuses qui entourent Pauline Jaricot dans l’Association lyonnaise de la Propagation de la Foi. Avec d’autres, ouvrières ou commerçantes, elles organisent des groupes de dix personnes qui prient et collectent un sou par semaine pour les Missions. Cette Ĺ“uvre de charitĂ© missionnaire qui connaĂ®t un succès fulgurant cherche aussi Ă  Ă©veiller la conscience missionnaire des catholiques. Elle favorise la communion dans l’Église par la prière mais aussi en informant les fidèles sur la vie des missionnaires.

 

En 1843, Marie-Françoise a 47 ans. Elle tombe sur une petite lettre adressĂ©e aux chrĂ©tiens de Lyon : « Nous vous faisons une demande : c’est de nous envoyer, si vous nous aimez, quelques femmes pieuses pour instruire les femmes d’UvĂ©a ». Elle est secouĂ©e par cet appel qu’elle reçoit très personnellement. Est-elle concernĂ©e ? A son âge ? Le Seigneur peut-il s’adresser Ă  elle Ă  travers ces quelques mots envoyĂ©s comme une bouteille Ă  la mer ? La demande est pressante, urgente. La fibre missionnaire de cette femme vibre. Une vocation tardive ? Elle prie, prend conseil auprès de son père spirituel. Enfin, sa dĂ©cision est prise et sans tarder elle rĂ©pondra : « Me voici, envoie-moi »

 

CĂ©libataire, laĂŻque, sans moyen mais pleine de courage, elle embarque pour onze mois de mer Ă  bord de l’Arche d’Alliance, un navire commandĂ© par Auguste Marceau, « le missionnaire des missionnaires » et sera domestique Ă  bord pour payer son transport…

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Sur l’Ă®le de Wallis, l’Ă©vĂŞque, Monseigneur Bataillon, la reçoit froidement. ArrivĂ© en 1837 en OcĂ©anie, il est considĂ©rĂ© comme le fondateur de l’Église Ă  Wallis et Futuna. C’est un homme dur et imposant qui n’aura jamais aucune dĂ©licatesse pour la demoiselle Perroton et lui reprochera toujours de ne pas ĂŞtre religieuse…

 

Sur l’Ă®le, la vie de la nouvelle missionnaire est spartiate. On dort sur le sol, dans une cabane. La nourriture est simple, les moustiques envahissants et la tempĂ©rature ne descend pas sous les 25°C. La promiscuitĂ© avec les insulaires est particulièrement Ă©prouvante pour Marie-Françoise mais elle ne se plaint pas. Les Maristes avec qui elle Ĺ“uvre en OcĂ©anie diront d’elle : « La demoiselle Perroton […] est très pieuse, ferme, courageuse, assez sage : si une femme pouvait venir en OcĂ©anie, c’est bien elle. »

 

 Cependant, au-delĂ  des conditions de vie, des relations froides avec Mgr Bataillon, une autre difficultĂ© mine Marie-Françoise et freine son ardeur missionnaire. Elle a beaucoup de mal Ă  apprendre le wallisien… Cette langue polynĂ©sienne qu’elle peine Ă  maĂ®triser est pourtant la clef pour vivre avec les Ă®liens. Heureusement elle se rapproche d’AmĂ©lia, la fille du roi Wallisien, qui l’introduit auprès des jeunes femmes de l’archipel. MalgrĂ© sa progressive intĂ©gration, la demoiselle Perroton est toujours la seule femme missionnaire sur l’Ă®le. Cette solitude est une terrible Ă©preuve. C’est au Christ qu’elle s’attache, celui Ă  qui elle a donnĂ© sa vie, celui qu’elle veut donner Ă  tous.

 

Toujours avec humour, patience et ardeur elle se dĂ©mène pour l’Ă©vangĂ©lisation. Elle aide les prĂŞtres et consacre beaucoup de temps Ă  l’instruction et Ă©vangĂ©lisation des femmes. « Je ne fais que choir et me redresser » dit-elle de sa mission !

 

En 1854, Mgr Bataillon l’envoie sans explication Ă  Kolopelu sur l’Ă®le de Futuna oĂą elle reste pendant vingt ans, jusqu’Ă  sa mort. Il faut apprendre une nouvelle langue pour Ă©changer avec la population… C’est une nouvelle Ă©preuve pour Marie-Françoise Perroton qui fĂŞte ses 60 ans. Fidèle Ă  ses premiers charismes, elle se consacre Ă  l’Ă©ducation des jeunes filles. Elle croit que c’est elles qui feront Ă©voluer la sociĂ©tĂ©, notamment parce qu’elles Ă©lèvent les enfants.

 

Pour approfondir : Héroïnes de Dieu, Agnès et Guillemette de La Borie, Presse de la Renaissance, Paris 2011,Pages 84 à 115.

marie francoise perroton pionniere en océanie

L’audacieuse aventure de Marie-Françoise Perroton nous fait reconnaĂ®tre que tous les baptisĂ©s sont appelĂ©s Ă  la mission

 

Ce n’est pas une affaire de spĂ©cialiste, un privilège de prĂŞtre ou de religieuse. Et le Seigneur peut appeler en tout temps, Ă  tout âge !

La solitude du missionnaire peut ĂŞtre une rĂ©alitĂ© crucifiante, mais c’est aussi le lieu du cĹ“ur Ă  cĹ“ur avec Dieu. C’est dans le silence et la solitude de la prière que l’on puise l’amour de Dieu Ă  propager. 

Enfin, pour notre mission aujourd’hui, faisons de l’humour un bouclier dans l’Ă©preuve et une voie d’Ă©vangĂ©lisation, un pont pour annoncer la joie de l’Évangile ! 

 

Seigneur, je te prie pour toutes les femmes missionnaires qui donnent leur vie pour annoncer l’Évangile. Fais que notre prière silencieuse ravive en nous le feu de ton amour.

 

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